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Le cancer du sein peut aussi toucher des femmes jeunes

Young woman with cancer in headscarf indoors

Chaque année en France, environ 3000 femmes de moins de 40 ans se voient diagnostiquer une tumeur mammaire.

Une grosseur ou une rougeur au niveau du sein: les symptômes d’un cancer du sein sont parfois discrets, voir inexistants. Ils passent donc souvent inaperçus, et plus encore lorsqu’ils touchent les jeunes femmes pour qui le risque demeure assez méconnu. Pourtant, sur les 58.000 cas de cancer du sein diagnostiqués chaque année en France, 3000 concernent des femmes de moins de 40 ans soit environ 5% des cas. Quels symptômes doivent alerter? Quand faut-il consulter? Florence Coussy et Barbara Pistilli, respectivement oncologues à l’institut Curie et à l’Institut Gustave Roussy, répondent à ces questions.

Un cancer du sein, c’est quoi?

Il s’agit d’un dérèglement de cellules de la glande mammaire, qui se multiplient et forment une tumeur. Ces cellules cancéreuses peuvent appartenir aux canaux galactophores, qui collectent le lait, ou aux lobules, qui produisent ce dernier. En se multipliant, elles peuvent envahir les tissus alentours. «Il existe plusieurs types de cancers, en fonction des récepteurs présents à la surface des cellules concernées: les cancers hormono-dépendants sont les plus répandus, autour de 70% des cas. Les cancers du sein de type HER 2 positif et triple négatif représentent chacun environ 15% à 18% des cas, explique le Dr Pistilli. Ce dernier type de tumeur est plus agressif et plus complexe à traiter». Il est également légèrement plus fréquent chez les femmes jeunes.

«Connaître ses seins»

« Globalement, dès la moindre anomalie au niveau du sein, il faut consulter rapidement son gynécologue, et ne pas rester sans diagnostic ».

Florence Coussy, gynécologue et oncologue à l’institut Curie

Quel que soit l’âge auquel le cancer se manifeste, les symptômes sont les mêmes. «Globalement, dès la moindre anomalie au niveau du sein, il faut consulter rapidement son gynécologue, et ne pas rester sans diagnostic», résume la spécialiste de l’Institut Curie. Il peut s’agir d’une grosseur au niveau du sein ou de l’aisselle, d’une douleur, d’écoulements, d’une modification de l’aspect de la peau ou du mamelon… «L’important est de bien connaître ses seins, et d’être capable de remarquer si une anomalie ou une modification apparaît», préconise le Dr Coussy.

Heureusement, la plupart du temps ces symptômes sont dus à des anomalies bénignes. «Les mastodynies, douleurs au niveau des seins, peuvent par exemple être liées aux hormones du cycle menstruel, et sont donc souvent bénignes», explique le Dr Coussy. Ces douleurs surviennent majoritairement en deuxième partie de cycle, après l’ovulation, lorsque les seins augmentent de volume. Un gonflement ou une douleur peuvent également être liés à un kyste ou un adénofibrome, une tumeur bénigne fréquente chez les jeunes femmes.

Aller régulièrement chez le gynécologue

C’est pour différencier ces anomalies d’un cancer qu’il est très important de se rendre chez son médecin dès que l’on constate une anomalie. Des contrôles échographiques, éventuellement une biopsie, pourront être réalisés. De manière générale, il est fortement conseillé de se rendre chez son gynécologue au moins une fois par an pour une visite de contrôle. «Chez des patientes ayant de lourds antécédents familiaux de cancer du sein, voire des patientes dont on sait qu’elles portent une mutation génétique, nous proposons une surveillance particulière, incluant parfois des imageries», précise la spécialiste de l’institut Curie. Après 50 et jusqu’à 74 ans, un dépistage est organisé: il consiste en une mammographie et un examen clinique tous les deux ans.

Autre rendez-vous important: la consultation intégralement remboursée par l’assurance maladie proposée à 25 ans. Portant également sur le cancer du col de l’utérus, elle consiste en un dépistage et de la prévention. «L’objectif est de faire passer le message: un cancer du sein avant 40 ans, c’est rare, mais ça arrive», poursuit la spécialiste le Dr Coussy.

Alcool, tabac, surpoids, génétique: une maladie multifactorielle

Les femmes jeunes ignorent souvent les facteurs de risque. «Alcool, tabac, surpoids, obésité, sédentarité… Il y a beaucoup de facteurs de risque du cancer du sein, quel que soit l’âge de la patiente» explique le Dr Pistilli. Selon Santé publique France, sur les 28.000 cancers imputables à l’alcool en 2015 en France, 8100 étaient des cancers du sein. De même, des études ont montré le lien entre surcharge pondérale et cancer du sein, alors même que l’obésité et le surpoids sont en augmentation en France.

Selon Santé publique France, sur les 28 000 cancers imputables à l’alcool en 2015 en France, 8 100 étaient des cancers du sein.

Mais les cancers du sein peuvent également être génétiques. «Dans la population générale, 5% des cancers du sein sont liés à une mutation, alors que chez les femmes jeunes ce chiffre s’élève à 12%. C’est pour cela que nous proposons une consultation d’oncogénétique aux patientes jeunes», précise le Dr Pistilli.

À l’inverse, la pratique régulière d’une activité physique réduirait de 20% le risque de développer un cancer du sein. Enfin, l’allaitement et la grossesse réduisent eux aussi le risque de ce cancer.

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