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Des réfugiés des Bahamas refoulés des Etats-Unis faute de visa

A woman looks down through an airplane window as the plane takes off during an evacuation operation after Hurricane Dorian hit the Abaco Islands in Marsh Harbour, Bahamas, September 8, 2019. REUTERS/Marco Bello

Plusieurs centaines de survivants de l’ouragan Dorian se seraient vus refuser d’embarquer à bord d’un ferry pour le sol américain. Le président Trump dit craindre l’arrivée de «trafiquants très méchants».

Après le passage dévastateur de l’ouragan Dorian, on estime que 70.000 personnes aux Bahamas se sont retrouvées sans abri . C’est beaucoup pour un archipel qui comptait 400.000 âmes avant l’ouragan, et où les capacités de logement sont réduites. De nombreuses maisons ont été pulvérisées par les coups de boutoir de Dorian. Les autres ont souvent perdu leur toit ou subi des dommages irréparables à leur structure. La reconstruction prendra des années.

Résultat, des milliers de survivants ont dû fuir les îles les plus touchées, comme Great Bahama, ou Abaco, où Dorian s’est acharné les 1er et 2 septembre, avec des rafales à plus de 250 km/heure. Une armada vaguement coordonnée d’avions, d’hélicoptères, de navires publics et privés ont été affrétés pour évacuer les réfugiés vers Nassau, la capitale et grande ville du pays, d’ordinaire évocatrice de tourisme paradisiaque. Mais déjà, le Premier ministre Hubert Minnis a averti que la cité ne pouvait continuer à recevoir “du soir au matin” la population d’Abaco. Les autorités ont donc annoncé leur intention de construire sur l’île dévastée des refuges d’urgence.

«Des trafiquants très méchants»

Certains, parmi ceux qui ont tout perdu, rêvent déjà de rejoindre le sol américain. Samedi, un bateau de croisière transportant 1.500 réfugiés a accosté en Floride (sud-est). Mais le rêve s’est rapidement brisé pour certains : après avoir attendu à quai pendant plusieurs heures, une centaine de survivants de l’ouragan qui avaient embarqué à bord d’un ferry en route pour Fort Lauderdale – dont certains avec des enfants en bas-âge – se sont vus ordonner d’en descendre une fois installés à bord, au motif qu’ils n’avaient ni visa pour les Etats-Unis, ni copie de leur casier judiciaire, a rapporté lundi la chaîne locale WSVN.

Interrogées par la chaîne locale, la compagnie qui affrète le ferry et les douanes américaines se rejetaient la faute, ces dernières assurant qu’aucun ordre gouvernemental n’avait été donné. Mais quelques heures plus tard, le président américain Donald Trump lâchait devant des journalistes à la Maison Blanche que les Etats-Unis devaient “faire attention” aux personnes venues des Bahamas qu’ils accueillent sur leur territoire. “Tout le monde devra avoir les bons papiers (…) Les Bahamas ont énormément de problèmes de personnes qui (…) ne sont pas censées être là. Je ne veux pas permettre à ces gens qui n’étaient pas censés être aux Bahamas de venir aux Etats-Unis, notamment les gens très méchants, des membres de gangs et des trafiquants très méchants”, a-t-il expliqué.

Selon l’AFP, ce sont en tout plusieurs centaines de personnes qui n’ont pas pu entrer sur le sol américain, faute de visa. Mark Morgan, le directeur de la police aux frontières, a admis lundi «une erreur». «Il va y avoir de la confusion, c’est ce qui s’est passé ici», a-t-il expliqué, tout en soulignant que les personnes “dont la vie est en danger” seront admises aux Etats-Unis, du moment qu’elles ne représentent pas une menace pour le pays.

Selon un dernier bilan, l’ouragan a fait au moins 45 morts aux Bahamas, mais de nombreux habitants restent portés disparus et les autorités prévoient qu’il s’alourdisse.

Source: Le Figaro.fr

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