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L’avenir d’un pays repose entre les mains de sa jeunesse

Editorial….

L’avenir d’un pays repose entre les mains de sa jeunesse

Un cliché qui interpelle et demande à réfléchir. La jeunesse mauricienne est-elle bien partie pour épanouir, progresser et se développer intelligemment afin de garantir un avenir meilleur dans les 20 ans à venir ?

Les agissements de certains jeunes ces derniers temps nous envoient une bouffée d’air pessimiste. C’est vrai que tous les jeunes ne sont pas les mêmes, n’ont pas les mêmes caractères et les mêmes cultures. Mais, comme on dit, s’il y a une tache noire sur un drap blanc, c’est la tache qui monopolise l’attention. Les jeunes étudiants, les cours terminés, ne sont-ils pas supposés prendre le chemin de la maison ou des leçons particulières ? Les derniers agissements de certains jeunes sur la gare du nord nous dit que ce n’est pas vraiment le cas. La gare d’autobus est devenue un lieu de rencontre des interdits. Entre 15 heures et 16 heures, les gares routières sont prises d’assaut par des jeunes. Filles et garçons transforment les gares en bancs publics.

Bécots, postures provocantes, gros mots et insultes forment le quotidien de ces jeunes qui se croient tout permis. Ils connaissent leurs droits, même en allant de travers. La loi les protège. On n’a pas le droit de les frapper, les ramener à l’ordre, les corriger. Sinon on risque d’avoir affaire à la police. Cette police la, justement, qui ont du mal à contrôler la décadence des jeunes. Ont-ils peur de la force de l’ordre, comme les jeunes d’il y a 50 ans ? Que nenni.

Non seulement ils n’ont pas peur de la police, ils osent même les confronter, les affronter, les agresser, les insulter. Quand des jeunes sont pris à partie par la force de l’ordre sur la gare, tout le public qui assiste à la scène, des adultes principalement, se rangent du côté des jeunes, vociférant et insultant les policiers qui ne font que leur travail, soit, maintenir l’ordre et la discipline. On croirait difficilement qu’un policier réprimanderait un jeune alors que ce dernier n’a rien fait.

C’est là que se situe le drame. Les parents, les membres du public et les proches des jeunes dévergondés donnent toujours raison aux jeunes, blâmant inéluctablement les policiers. Si de telles attitudes continuent, on est foutu. Il n’y a rien à faire. Ceux qui sont plus éduqués et plus prévoyants, disent que ces jeunes doivent être traités avec douceur, leur donner des conseils psychologiques. Et si quelqu’un peut venir de l’avant avec des statistiques pour montrer combien de jeunes délinquants se sont amendés en suivant un traitement psychologique, il serait le bienvenu.

Les autorités parlent de manque de repaires pour ces jeunes. Ils prescrivent un encadrement appropriés à ces jeunes qui ne savent pas ce qu’ils font. On dit qu’ils sont innocents et que c’est le système de la société qui les a influencé. Mais ces grands psychologues, ces officiers des ministères concernés, les ministres eux-mêmes, oseraient-ils permis à leurs enfants de fréquenter ces jeunes qui ont perdu leur repaire ? Non !

Quand votre enfant est martyrisé aux mains de ces bourreaux de camarades de classe qui le frappent pour lui prendre son pain et son argent, oserez-vous leur prescrire un accompagnement psychologique ? C’est facile à porter un jugement tant qu’on n’est pas victime. Parmi ces spécialistes, qui osera se rendre à ces gares pour parler à ces jeunes indisciplinés, à les encadrer et leur faire la leçon psychologique ?

Nos parents et nos grands parents ont été aussi des jeunes. Ils avaient aussi des amis, mais leur comportement était plutôt exemplaire. Ils avaient peur de leurs parents, des autorités et de tous ceux qui étaient plus âgés qu’eux. Ils étaient punis, des fois. Les fessées et les rotins bazar les ont maintenus sur le bon chemin. Ils sont devenus des parents exemplaires, des professionnels, tant on leur avait inculqué les valeurs. Ils sont unanimes à dire que les rotins bazar les ont aidés à devenir ce qu’ils sont devenus. Ils n’en sont pas morts.

En ce troisième millénaire, en ce temps moderne, on veut protéger nos enfants en leur permettant de faire ce qu’ils veulent, en leur donnant tout, même le droit de porter plainte contre leurs parents qui les ont réprimandés pour des écarts. C’est un moyen sûr de transformer nos gares en arène de pugilats, en scènes de tournage de feuilletons érotiques, en lieu de rendez-vous pour provoquer la justice, et l’agresser, s’il le faut.

On sera civilisé seulement si on ressemble aux sociétés européennes, le berceau des droits humains. Vive la modernité !

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