Edito / Opinion

Effet boomerang à Cité la Cure

Effet boomerang à Cité la Cure

Mauvaise passe pour la députée Aurore Perraud. Celle qui a pris la défense des victimes des inondations a été inondée de reproches, pour ne pas dire d’insultes. Si la principale concernée affirme que c’est un coup monté du pouvoir en place, le doute subsiste.

Ceux qui reprochaient à la députée son absence dans la circonscription pendant les troubles savent de quoi ils parlaient. La vidéo nous montre les images de certaines personnes présentes, mais pas la personne qui parlait et reprochait à Aurore de les avoir négligés. N’empêche, on lui reprochait de n’avoir pas été présente parmi eux alors qu’elle faisait partie du gouvernement. Nous ne voulons pas accuser Aurore d’avoir négligé ses mandants. C’est à elle d’en découdre avec eux, puisqu’elle sait mieux que nous combien elle les a aidés ou non. Toutefois, cet incident vient nous rappeler un fait commun chez nos politiciens. Ils sont toujours à proximité des potentiels votants, avant les élections. Pendant la campagne les politiciens sont toujours joignables au téléphone, peu importe l’heure du jour ou de la nuit. Mais une fois au pouvoir, qu’ils soient simples députés, PPS ou ministres, c’est silence radio. Certains changent même leur numéro de téléphone. Si Aurore Perreaud, alors qu’elle était ministre, ne trouvait pas le temps de leur rendre visite, elle n’a pas à en rougir. Presque tous les élus au pouvoir ont le même comportement.

Les reproches à l’encontre de Aurore Perraud a fait un ricochet sur son leader. D’une pierre deux coups, alors que l’élue voulait en faire un grand coup. On revient sur les promesses faites par Xavier Duval. On lui dit qu’il n’a rien fait pour ces occupants des terres de l’état. Et pourtant, quand il était au gouvernement, il était le numéro deux, hautement placé dans la hiérarchie du pouvoir. Rien, ni personne ne pouvait l’empêcher de venir en aide aux sinistrés de la Cure.

Coup dur pour Aurore, quand on connait la physionomie de l’électorat mauricien. Sans vouloir porter préjudice à l’unité nationale, on connait les attachements des politiciens à des communautés précises. Aurore s’était fait élire au No 4. Elle était partie dans une région qui est la sienne, chez une communauté spécifique. Et pourtant elle a été malmenée par cette même communauté qui l’avait poussé vers le haut. Aurore n’est pas complètement fautive dans tout cela. Comme ministre, on ne peut pas satisfaire à tout le monde. Il y a des règles à respecter, des procédures à suivre. Mais la réalité c’est qu’on arrive toujours, comme ministre ou PPS, à satisfaire une petite minorité de ses mandants. La grande majorité reste sur sa faim, et ce sont ceux-là qui causent problème après.

Une autre leçon à retenir de cet incident malheureux, c’est que les mauriciens ne sont plus dupes. Ils ne sont plus timides et osent hausser le ton, faire de la voix et dire ce qu’il faut dire, les yeux dans les yeux. Aurore l’a appris à ses dépens. Elle n’a pu qu’écouter, sans broncher, essayant tant bien que mal à faire comprendre qu’elle est venue pour écouter leurs doléances. Mais les victimes du système en ont marre de l’écoute. Ils veulent du concret. Comme quoi, il ne faut plus prendre les mandants pour des dépôts fixes gagnés à sa cause.

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