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Quelque 50 000 manifestants à Prague demandent le départ du premier ministre

Several thousands of people take part in a protest against Czech Prime Minister Andrej Babis on December 10, 2019 at the Veceslas Square in Prague. / AFP / Michal Cizek

Quelque 50 000 manifestants à Prague demandent le départ du premier ministre

La mobilisation s’est tenue une semaine après la réouverture d’une enquête visant Andrej Babis, accusé de fraude sur les subventions européennes et de conflit d’intérêts.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 05h31

Des dizaines de milliers de Tchèques se sont rassemblés, mardi 10 décembre dans le centre de Prague, pour demander la démission du premier ministre milliardaire populiste, Andrej Babis, accusé de fraude sur les subventions européennes et de conflit d’intérêts. La manifestation s’est tenue une semaine après la réouverture d’une enquête visant cet homme politique de 65 ans, abandonnée depuis septembre.

Selon la police, jusqu’à 50 000 personnes ont participé au rassemblement sur la place Wenceslas, organisé par le mouvement Million instants pour la démocratie. Deux imposantes manifestations appelant à la démission de M. Babis, en juin et novembre, avaient réuni environ un quart de million de personnes chacune, ce qui en avait fait les plus importants rassemblements depuis la chute du communisme dans ce pays en 1989.

M. Babis rejette les accusations et refuse de démissionner. « Ce type à la peau épaisse, détendu et certain que les gens achèteront ses mensonges, n’est pas un homme qui devrait me représenter », a déclaré à l’AFP un des manifestants, Josef Smycka, retraité de la ville d’Olomouc, dans l’est du pays.

Rembourser de lourdes sommes à l’UE

Considéré par Forbes comme la quatrième fortune tchèque, M. Babis est soupçonné d’avoir abusé des subventions européennes aux petites entreprises pour construire son complexe hôtelier et agricole « Nid de cigogne » près de Prague en 2007, quatre ans avant son entrée en politique. La police estime que M. Babis n’a séparé que provisoirement cette ferme de son groupe Agrofert pour bénéficier de ces subventions.

La semaine dernière, les médias tchèques ont publié une fuite d’un rapport d’audit demandé par la Commission européenne, selon lequel avec sa double casquette d’homme politique et homme d’affaires, M. Babis se trouve en situation de conflit d’intérêts. Ce rapport suggère aussi qu’Agrofert devrait rembourser de lourdes sommes à l’UE.

Le premier ministre a catégoriquement nié avoir commis tout acte répréhensible, affirmant qu’il avait confié Agrofert à deux fonds fiduciaires, conformément à la loi tchèque sur le conflit d’intérêts.

Né à Bratislava en 1954, Andrej Babis est devenu premier ministre en 2017 après avoir créé une formation politique présentée comme « antisystème » qui, en dépit des problèmes de son leader, reste toujours en tête des sondages d’opinion avec un soutien électoral stable de 30 %.

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