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La reforme électorale et ses défis

Opinion

La réforme électorale et ses défis

Les jours passent et se ressemblent pour notre système électoral.  Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a présenté vendredi ses propositions pour la réforme électorale.  On ne sait si le gouvernement Lepep a travaillé cette réforme parce qu’il y croit fermement ou si c’est sous la pression exercée par d’autres partis politiques.

Cela fait très longtemps, depuis 1967,  que Maurice opère selon la même formule, et ce système a continué à servir et à sévir jusqu’en ce troisième millénaire.  Nous savons que Maurice est un pays multiracial, multiculturel et multiethnique.  Si la diversité a des avantages certains, comme flattée par les guides aux touristes, leur disant que Maurice est l’exemple flagrant de l’unité dans la diversité, cette multi à différentes facettes compte aussi des désavantages.  Le plus gros serait le noubanisme, un slogan trop longtemps promu par nos chers politiciens.

Aujourd’hui encore, même la réforme électorale est esclave de ce nou banisme, tant et si bien qu’on ne peut plus désactiver pour de bon le Best Loser System.  Pravind Jugnauth semble avoir fait un très grand effort, en réduisant le nombre de BLS de 9 à 6. Mais le mal est là.  On ne peut plus s’en passer.  Le poison n’aura jamais son antidote.  Il faut préserver ces chiens de garde communalistes pour veiller à ce que les droits de chaque communauté soient protégés.

On nous confirme qu’un Mauricien de la communauté hindoue ne pourra jamais garantir les droits d’un sino- mauricien.  On nous rappelle qu’un Mauricien de la communauté musulmane ne saura pas comment protéger les droits d’un Mauricien de foi chrétienne.  Et la liste est longue.

Tout le monde parle d’unité nationale, de fraternité entre les différentes communautés, du mauricianisme.  Mais ce n’est que du parler.  On a comme impression que toutes ces belles paroles n’opèrent qu’en surface.  Dans le fond c’est le silence de la mer.  Ça bout, ça surveille, prêt à bondir sur un Mauricien compétent qui est promu mais qui n’a pas le profil voulu.

Pravind Jugnauth reconnait que le BLS doit rester de mise parce que notre société n’est pas prête à accepter le contraire.  Il a reconnu qu’il n’a pas le pouvoir nécessaire pour faire différemment et tuer le communalisme dans l’œuf.  Il passe la balle aux prochaines générations.  Il accepte la défaite, un peu comme tous les autres leaders, d’ailleurs.  On voit mal un leader aujourd’hui agir à contre poil, au risque de se casser la figure, tant et si bien qu’aucun chirurgien ne saura lui refaire son visage politique.

En attendant, on doit faire avec.  Vivre dans la diversité.  Vivre dans l’unité. Vivre dans le partage.  Vivre dans l’hypocrisie.

 

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